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Nice

 

 

 

 

 

 

 

Pas déboulonner, connaître…

N’effaçons pas les personnages de notre Histoire et de nos vies. Au contraire, apprenons à mieux les connaître. N’utilisons pas leur nom sans savoir qui ils étaient : « rendez-vous Place M. »… Essayons de savoir dans quel contexte, ils ont été honorés ! Prenons le personnage le plus célébré à Nice : Masséna. En fait André Masséna, né Andrea Massena, duc de Rivoli et prince d'Essling, qui naquit le 6 mai 1758 à Nice, alors dans le royaume de Savoie-Sardaigne et est mort le 4 avril 1817 à Paris.
Nice lui a décerné la principale place, le plus illustre lycée, un musée sur la Promenade et une grandiose statue dans le jardin qui portait son nom et qui est maintenant inclus dans la Promenade du Paillon.


Qui est Masséna ?

Masséna fut un général français de la Révolution et du Consulat, élevé à la dignité de maréchal d'Empire par l’empereur Napoléon en 1804. Il commence sa carrière dans l'armée de l'Ancien Régime sous Louis XVI et révèle d’entrée ses capacités de stratège militaire lors des guerres de la Révolution française. Après avoir été le principal lieutenant de Bonaparte qu’il n’appréciait guère pendant la première campagne d'Italie, il contribue aux victoires d'Arcole et de Rivoli. En 1799, il joue un rôle prépondérant dans la deuxième bataille de Zurich ; par ce succès stratégique, Masséna sauve la France d'un projet d'invasion Austro-russe.
Malgré leurs rivalités, Masséna jouit de l'estime de Napoléon qui le considère comme son meilleur subordonné. Il ira jusqu'à le surnommer « l'enfant chéri de la victoire ». Quand ce dernier prend le pouvoir suite au coup d’état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), Masséna critique ouvertement le concordat de 1801 et, comme élu l'année suivante au Corps législatif, il vote contre le Consulat à vie. Il reçoit néanmoins le bâton de maréchal d'Empire le 19 mai 1804.
Au déclenchement de la guerre dite de la Troisième Coalition en 1805, Napoléon confie à Masséna le commandement de l'armée d'Italie. Le maréchal, qui parle couramment italien, possède une grande expérience de ce théâtre d'opérations. La guerre ayant pris fin avec la victoire décisive à Austerlitz, Masséna reste en Italie et, le 27 décembre 1805, se voit charger de la conquête du royaume de Naples.
Il se comporte encore brillamment à la bataille d’Essling. Napoléon lui décernera le titre de « prince d'Essling » le 14 octobre 1809. En 1810, il est envoyé en mission pour débloquer la situation sur le front de la guerre d'Espagne et reconquérir le Portugal. Mal préparé, mal ravitaillé, en conflit avec ses généraux dont Ney, cette campagne s’avèrera un total échec.  Rentré en France, il est accueilli avec mépris par Napoléon qui lui déclare : « eh bien, prince d'Essling, vous n'êtes donc plus Masséna ? »
Cette défaite met un point final à sa carrière sur les champs de bataille. Il ne sera pas fait appel à lui dans la campagne de Russie en 1812. On lui confie seulement quelques missions en Espagne, puis à Toulon pour faire face aux tentatives d'incursions des Britanniques, présents en Méditerranée.
Après l'abdication de Napoléon en avril 1814, il fait allégeance au roi Louis XVIII qui le fait Pair de France, grand-croix de l'ordre de Saint-Louis et lui octroie sa naturalisation. Il restera fidèle aux Bourbons, n'acceptant aucun service pendant les Cent-Jours. Napoléon ayant définitivement abdiqué le 22 juin, Masséna est nommé commandant de la Garde nationale de Paris et participe à ce titre à la conférence de La Villette qui opte pour la reddition de la capitale. Atteint gravement par la tuberculose, Masséna meurt le 4 avril 1817 à Paris, à l’âge de 58 ans. Il est enterré à Paris au cimetière du Père Lachaise.


Sa célébrité niçoise

En 1860, quand Nice devient française, dans le contexte du Second Empire, les édiles recherchent des niçois qui ont joué un rôle important pour la France. Après un demi-siècle d’oubli, le nom de Masséna est mis en avant. Une statue en son honneur est inaugurée le 15 août 1869, année du centenaire de la naissance de Napoléon et le jour de la Saint-Napoléon, alors fête « nationale ». Elle est l'œuvre du sculpteur Albert-Ernest Carrier-Belleuse et du fondeur Thiébault.
Elle devait à l’origine siéger Place Masséna. L’idée fut abandonnée car on ne voulut pas qu’il tourne le dos à la Vieille ville. Il est vrai que tous les niçois n’avaient pas conservé une bonne opinion de ce Maréchal de France, « niçois d’origine mais pas de cœur ». On lui reprochait d’avoir participé à l’invasion des troupes révolutionnaires dans le Comté et surtout d’avoir combattu durement les nationalistes niçois. Notamment après sa victoire au Brec d’Utelle en 1793, sur des terrains qu’il connaissait bien, il fut très exècré pour avoir pillé toute la vallée. La mémoire du passage des troupes de Masséna dans la vallée de la Vésubie était restée très vivace pour les populations locales. La plupart des maisons et des récoltes furent dévastées, l’or et les objets de qualité emportés, à commencer par ceux de l’église et du monastère de la Madone d’Utelle. Même, Levens, le village d’origine de sa famille, ne fut pas épargné.
Il continuera cette tradition peu morale tout au long de ses diverses campagnes. Dans toute l'armée, il était en effet connu comme un pillard insatiable, avare et soucieux de s'enrichir sur les biens matériels. Certaines villes et régions occupées par sa division, notamment en Italie, ont été ainsi totalement saccagées. Le futur Marechal prenait toujours soin de partir en guerre avec des fourgons vides qu’il ramenait pleins, sans oublier de se faire accompagner par ses maîtresses. « La poule à Massena » comme il s’en fit la réputation dans les rangs de la troupe. Même la solde de ses soldats n’était pas épargnée. De nombreuses plaintes sont adressées à Bonaparte qui préfère fermer les yeux. L’Empereur finit toutefois par le mettre en réserve pour qu’il se tint tranquille en lui accordant une superbe pension.
Masséna, au cours de ces multiples campagnes, accumula ainsi une imposante fortune qui lui permit d’acquérir une immense propriété à Malmaison, ainsi que d’autres demeures dont l’Hôtel de Bentheim, rue Saint-Dominique à Paris. Il en légua une grande partie à ses descendants. En 1898, Victor Masséna,  petit-fils du maréchal put ainsi faire construire une grande villa de plaisance sur le bord de mer niçois. La Villa Masséna est aujourd’hui un musée et un jardin ouvert au public.
Il est ainsi intéressant de s’intéresser au nom des rues et des lieux de Nice ; on pourrait faire de même pour Vauban. Pourquoi le célébrer à Nice, alors qu’il contribua à la destruction du Château ordonné par Louis XIV, qui lui heureusement n’est pas commémoré !